Les secrets d’une maison familiale

Il arrive souvent qu’une maison, construite il y a fort longtemps, se transmette de génération en génération pour appartenir, aujourd’hui encore, à la même famille.

C’est le cas d’une maison, à La-Bastide-de-Sérou, en Ariège. Construite probablement dans le courant du XVIIIème siècle (je ne connais pas la date exacte), sa façade fut rénovée par la suite et porte la date de 1808. Construite par l’un de mes ancêtres, elle est aujourd’hui propriété de mon grand-oncle. Outre le fait qu’elle a conservé son architecture intérieure d’époque, les papiers qui s’y trouvaient alors y sont toujours. Comme elle n’a jamais été vendue, elle n’a jamais été vidée !

Et comme il s’agit d’une très grande maison, il y a beaucoup de trésors. J’y suis allé hier et où que se soit posé mon regard, j’y ai découvert en permanence de pures merveilles.

Ici une dizaine de lettres des années 1870, là un stock de photos de la fin du XIXème. Dans ce bureau : un document rédigé en portugais, portant le sceau royal et parlant de l’ordre de Ste-Isabelle. Je ne parle pas un mot de portugais, je n’en sais donc pas plus au sujet de cet acte, mise à part la date du 10 juillet 1869.

Dans cette chambre : une collection de faire-part concernant ma famille. Et dans cette autre : un portrait en pied de mon arrière-arrière-grand-père.

La table de chevet de la chambre d’amis est en fait constituée des malles que mon arrière-grand-père avait pendant la première, puis la seconde guerre mondiale. Dans la même chambre, je découvre un secrétaire qui renferme dans un tiroir des dizaines de lettres reçues d’intellectuels célèbres de l’entre-deux-guerre !

Enfin, dans une dernière pièce, simplement posé sur une table, se trouve un manuscrit d’une centaine de pages de ce même bisaïeul dans lequel il raconte en détail l’horreur qu’il a vécue durant le conflit 14-18.

Certains objets sont plus anecdotiques mais tout aussi savoureux. Ainsi ce portrait de Napoléon Ier, rapporté celui-ci d’un autre branche familiale originaire de l’Aisne. La maison de mes ancêtres Picards fut réquisitionnée en 1870 par les Prussiens, puis par les allemands durant la première guerre mondiale. Dans les deux cas, la tante, vieille fille, qui y habitait a refusé de partir. Elle fut donc contrainte d’accueillir l’envahisseur. Elle devait bien entendu leur préparer le repas et laver leur linge. Mais elle obtint, par sa force de caractère, que les Prussiens (puis les Allemands) saluassent le portrait de l’ex-empereur en se mettant au garde-à-vous à chaque fois qu’ils passaient devant ! Quelle est la part de vérité de cette histoire, je n’en sais rien, mais je l’aime tout de même.

Bien entendu, j’ai photographié tous azimuts, mais le temps m’a manqué, et je n’ai pas vu le quart des secrets que renferme cette vieille bâtisse.

J’y retournerai dès que possible, mais d’ici là, j’ai déjà un beau travail de classification et d’indexation de toutes mes photos de la journée. Le pire, c’est que rien n’est rangé et qu’il faudrait sans doute plusieurs semaines pour faire le tour de ces merveilles.

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7 commentaires

  1. Raphaël a dit :

    J’ai aussi connu une maison rengorgeant de ce genre de trésors, mais quand même : « aaaargh ! jalousie extrême ! » :)

    Bravo pour le blog : premiers articles très intéressants et mise en page très sympa. J’attends la suite dans mon RSS.

  2. Jordi a dit :

    Merci pour les encouragements ;-)

    Mais figure-toi que moi aussi je suis jaloux ! Pourquoi, c’est mon grand-oncle le propriétaire, et pas moi ? Il n’est pas généalogiste, lui !
    Comme dirait Calimero : c’est trop injuste ! :-D

  3. Raphaël a dit :

    C’est vrai que c’est agaçant de laisser nos trésors de famille à des non-généalogistes ! Ils ne savent même pas quoi en faire :) Ou pire… ils les jettent :-/

  4. Clément a dit :

    Pareil dans ma famille : une vieille maison, construite en 1874, jamais vendue depuis. Le grenier regorge d’instruments de dissection, de chirurgie du 19è, de livres de médecine et de droit, de plans de la maison avant sa construction, de photos, de tableaux, de statuts, et autres… un vrai bonheur.

    En plus, j’y ai accès à chaque vacances…
    héhéhé :-)

  5. Merline a dit :

    La maison a été vendue …mais les cassettes [de papiers importants] avaient été enterrées en plein champs…on est paysan ou on ne l’est pas !

  6. L’article aurait pu s’appeler « Vieille maison, vieux papiers » pour paraphraser G. Lenotre.
    Dans le même genre d’histoire, un ami avait hérité dans les années 70 d’une maison venant d’une tante à la mode d’Auvergne (ça se passe dans le Cantal). Les placards de la maison étaient encore occupés par des vêtements de la fin du 18ème…

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