En 2008, lorsque le législateur a modifié le code du patrimoine, il a réduit significativement un certain nombre de délais de communicabilité de documents d’archives. Ainsi, par exemple, les registres de naissance de l’état civil sont devenus communicables au bout de 75 ans, contre 100 ans auparavant. La conséquence majeure a été de rendre publics des documents contenant des informations nominatives de personnes encore bien vivantes.
Parallèlement, les services publics d’Archives diffusent, depuis près d’une décennie maintenant, des reproductions de documents qu’ils conservent, au premier rang desquels figurent l’état civil, mais également bon nombre d’autres documents contenant des informations nominatives.
La question s’est donc posée de savoir que faire des documents devenus communicables mais dont les informations concernent des individus potentiellement toujours vivants. En effet, communiquer n’est pas diffuser. Permettre à tous de venir consulter un registre dans un service d’archives est une chose, le mettre sur la toile à disposition immédiate du monde entier en est une autre.
En la matière, les services d’archives ont donc « navigué à vue » pendant plusieurs années. Certains, comme par exemple le département du Cantal, se sont à peu près calé sur le code du patrimoine. Ainsi y trouve-t-on en ligne des registres de naissance jusqu’en 1932, c’est à dire avec un délai de 80 ans après leur clôture, alors qu’en Haute-Garonne ce délai est porté à 100 ans.
Consciente du flou qui existait, la CNIL, seule compétente en matière de traitement informatique de données personnelles, a délibéré pour clarifier la situation. Cette délibération, publiée au Journal Officiel le 27 avril, aura sans doute de grandes conséquences sur le fonctionnement des sites de services publics d’Archives. Décortiquons-la pour en savoir plus.









